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"Ce désastre de feu commencea à se manifester sur les quatre heures et demy du soir, lequel dura en sa grande force et viollance jusques à neuf heures qui fut lors, que lacdite église Sainct Pierre estant toute embrasée de feu, l'orologe flamboyant et bruslant, sonna pour sa dernière foys, neuf heures, avec ung son sy lent et sy mélancolique, qu'il sembloit que les timbres et appeaulx, contre la nature de leur dernière essence ; sy ce son fut pitoyable et lamentable à entendre, ecores estoit il plus de veoir un des plus beaux clochers de france couvert de plomb, d'un magnifique ouvrage dressé sur la croisée de lacdite église Notre Dame, lequel de la véhémence flambe, dont il estoit environné et oppressé de sa dernière fin, déplorant la fin de son éminent édifice, gettoit, ploroit et dégouttoyt tout à l'entour de soy, grosse larmes et ruisseaulx de plomb, en sy grande abondance, que, se meslant avec la matière des cloches, les voultes de lacdite église furent rejoinctées. Non seulement ces orologes et le clocher, par la consommation de leurs dernières essences, faisoient démonstratifz signes de lamentations, mais aussy, toutes les maisons et couvertures des portes tours et murailles, faisoient ung sy horrible et espouvantable doeûl, que par leurs entremeslées et confuse cheuttes, ensemble des murailles, chemynées et estincelles de feu qui y estoitent agittez et entremesléez à la conduicte des grosses et espoissens vapeurs des fumées, qu'il sembloit que toutes les tempestes du monde fussent amassées sur ceste paouvre ville. L'efforyable espouvantement ques les Parisiens receurent XIXe juillet MVcVVVVII, lors que leurs arcenat et tour de Billy, avec toutes les pouldres , furent consomméz et renverséz parmy laër, estoit du tout incomparable à celluy que ces paouvres Tonnerrois receurent, avec la subbite inflammation et subversion de leurdicte ville : delaquelle tout le peuple ne peut sy soubdainement sortir rt vuyder, que deux petits enffans, s'estoient cachéz soubz les lictz, y furent consomméz et brûsléz, au grand détriment et double misère des père et mère. Toute la nuit ces paouvres habitants furent espars par les vignes, jardins et vergers, avec infiniz gémissemetn et pleurs, du grand désastre et perte de leur ville et biens qu'ils se voyoient reluyre devant les yeux. Il ne leur fallut chandelles pour eulx conduyre ceste nuict, d'aultant que à leur grande et inestimable perte, ceste cruelle flambe rendoit sy grande lueur que deux lieux à l'environ, les les ténèbres furent convertyes en clarté. Le lendemain, regardans l'un, l'autre s'escartèrent çà et là, comme à demy mortz, les ungs, ès village et maitaieries circonvoisines, et les aultres, par le pays mendians leurs vyes, attendans que les masures quy leur restoient eussent passé leur grande et véhémente chaleur, laquelle estant amortye, retournèrent pour recongnoistre, à grand peyne, les rues places et masures de leurs jardis demourance, la chaleur qui restoint esquelles, ilz amortissoient de leurs continuelles larmes et pleurs? Une grande partye de ces paouvres habitans, n'ayant moyens de eulx loger et héberger furent contrainctz eulx retirer dans les caves des masures, esquelles leurs visages devindrent sy halléz et enfuméz qu'ilz ressembloient plutost mores affaméz, que francoys, et en cest éata y en mourut une grande quantités, que Dieu, appella à soy pour les retirer de cette misère."
Texte extrait de document conservés dans les archives du
centre hospitalier,
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